Ca fait un peu mal. Je me souviens de Yahoo en 1995, quand je surfais le Net avec mon modem Logitech 14K et mon compte Planete.net… Yahoo était LA référence, l’annuaire de tout ce qu’on pouvait trouver sur le web, le meilleur comme le pire, des liens vers les archives de la CIA, comment crocheter des serrures, le shack de Bianca, etc.
Et puis j’ai commencé à faire des sites pour gagner ma vie. Yahoo est devenu le partenaire avec qui il fallait compter. Mes premiers sites étaient référencés par Yahoo, il fallait trouver la bonne catégorie et attendre que les employés de Yahoo prennent votre demande de référencement en compte. Cela pouvait prendre plusieurs semaines. Google faisait ses premiers pas, tout le monde commençait à en parler. Yahoo a alors eu la mauvaise idée de vendre ce service de référencement, qui par ailleurs était gratuit chez les autres : Voila, Lycos, AltaVista, etc. Ce moment a marqué pour moi le début de la fin de Yahoo. On était en 2000.
Dix ans plus tard, le concept d’annuaire comme l’avait défini Yahoo a disparu depuis longtemps. Et Yahoo est devenu une sorte de portail d’informations sans intérêt.
A force de concentrer ses efforts sur le portail, Yahoo a laissé échappé des dizaines d’opportunités : Geocities, Broadcast.com, MusicMatch, Zimbra, Hotjobs, etc. Ils n’ont pas de vision globale, ni de stratégie. Yahoo semble obnubilé par le profit à court terme et sa direction n’a clairement pas les compétences requises pour exercer dans un milieu technologique.
Il reste quelques bijoux comme Flickr, Delicious, Pipes. Mais Yahoo a annoncé (malgré eux) vouloir se séparer au moins de Delicious. Ca ne présage rien de bon.